Des liens respectueux de la vie?

Je lis dans un par ailleurs très intéressant livre de Dominique Bourg à propos du véganisme:

« Le refus de l’exploitation et de la maltraitance des animaux ne doit pas conduire au rejet de toute utilisation – l’équitation, l’usage d’un chien truffier, ou que sais-je ? -, ni même au rejet de toute forme d’élevage – ce qui constituerait une véritable catastrophe agronomique et écologique -, pour autant qu’animalité et humanité y nouent des liens complexes et respectueux de la vie. »

Dominique Bourg, « Une nouvelle Terre » page 204

Oui, il y a des domaines où l’on peut s’imaginer que les animaux seront encore longtemps nécessaires : les chiens pour aveugles, les chiens qui recherchent les survivants d’une catastrophe etc. Mais de là à justifier l’exploitation d’animaux pour le seul plaisir de nos sens : les truffes, l’équitation…il y a un monde. A moins que l’équitation ne devienne nécessaire avec l’effondrement des ressources d’énergies. Et même dans ce cas: ne peut-on imaginer d’autres moyens de locomotion plus respectueux ?

En ce qui concerne les « la catastrophe agronomique et écologique », je trouve cela un peu gonflé quand on connaît les ravages de l’agriculture actuelle sur l’environnement. N’y a-t-il pas urgence ailleurs ?

Et quand bien même cela serait vrai, ce qui reste à démontrer par des personnes qui ne sont pas à priori « carnistes », ne peut-on concevoir de garder des animaux en semi-liberté et protégés sans les massacrer pour notre plaisir? De tels propos « écolos » me semblent bien éloignés de la réalité qu’ils n’osent s’avouer : ils ne peuvent renoncer à leur morceau de fromage et leur respect de la vie reste vachement anthropocentré si je puis dire.

Et Dominique Bourg continue:

« Le véganisme n’en reste pas moins une posture éthique exigeante qui, pas plus que le jaïnisme, n’a de vocation universelle. »

Ibid.

J’aimerais bien savoir pourquoi le véganisme n’aurait pas vocation universelle depuis la synthèse de la vitamine B12 qui est pour moi une découverte semblable à l’invention de la roue, découverte qui, comme le note Dominique Bourg un peu plus tôt dans son livre, ne disparaîtra pas si facilement. Le véganisme n’est pas comme il le pense une « forme de haine inavouée de la nature », cas sinon, tout rejet de violence serait aussi une « forme de haine inavouée de la nature ».

Comme toujours, les arguments carnistes sont un peu courts. Ils ne vont pas assez loin dans le questionnement de cette pratique ancestrale non seulement devenue obsolète et non nécessaire pour la toute grande majorité, mais dangereuse et destructrice pour notre monde et la vie qu’il supporte. Pourquoi nos penseurs n’ont-ils pas encore le courage de voir les choses en face ? Pourquoi ces faux-fuyants, ces fausses excuses, ce manque de courage de penser vraiment autrement ?

2 réflexions au sujet de « Des liens respectueux de la vie? »

  • 25 février 2019 à 21 h 39 min
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    J’ai eu un échange assez instructif – quoi que me concernant assez sur-réaliste – avec M. Bourg sur twitter.

    Si ça vous intéresse : https://twitter.com/bourg_d/status/1099292269386125313

    Je ne dois pas avoir les facultés intellectuels suffisantes pour bien comprendre son propos, car j’avoue que j’ai un peu de la peine à suivre son raisonnement. C’est pas faute d’avoir essayé, mais je me suis confondu en supputations.

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    • 26 février 2019 à 6 h 48 min
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      Oui, merci, très instructif en effet. Je suppose qu’il n’y a pas grand-chose d’intelligent à comprendre.

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