Philosophie et véganisme

Philosophie et véganisme

Allier philosophie et véganisme ne va pas de soi et la proportion de véganes parmi les philosophes semble être la même que dans toute la population: au mieux un végane pour cent carnistes. Et je n’en suis même pas certain. Parfois j’ai même l’impression que c’est pire parmi les philosophes. Idem dans la spiritualité: très rares sont les encouragements à prendre le bien-être animal en considération dans toutes les formes de spiritualité, y compris les religions. Le bouddhisme et l’hindouisme sont peut-être des exceptions, et surtout le jaïnisme. Pour le reste, il est tout au plus question de « respect » vis à vis des animaux dont le « sacrifice » s’avèrerait néanmoins nécessaire. Ou alors il est question d’équilibre cosmique entre bien et mal, yin et yang. Un mal ici correspond à un bien là, un bien ici à un mal ailleurs. Bref, pas d’issue possible dans cet équilibre cosmo-comptable.

Mais laissons de côté toutes ces balivernes et toutes les inconséquences logiques des philosophes soi-disant précurseurs quand il est question de la prise en compte des animaux dans la sphère morale. Mon propos n’est d’ailleurs pas de faire le tour des conceptions philosophiques ou spirituelles et la place qu’y ont les animaux, mais  je veux me concentrer sur un philosophe en particulier, celui qui m’a mis la puce à l’oreille, avant même que je ne lise ma première brochure sur le véganisme: il s’agit d’Empédocle d’Agrigente que j’ai vraiment appris à apprécier à la lecture du livre de Jean-François Balaudé: Le savoir-vivre philosophique, dont s’inspire largement mon article.

Empédocle est un philosophe remarquable en ce qu’il est l’un des premiers à avoir instauré une théorie éthique, que cette éthique inclut non seulement les humains, mais tous les êtres vivants, et notamment les animaux. De plus, cette éthique se passe de toute transcendance pour se justifier. Point de distinction entre matière et esprit: le semblable ne perçoit que le semblable. Deux principes régissent: l’amour (ou l’amitié: Philotès, Philia) qui unit, et la haine (ou la discorde: Neikos) qui sépare, avec un va et vient entre l’un et le multiple déterminant ainsi la loi et le destin du monde (Anankê). En quoi consiste l’éthique d’Empédocle? Mettre fin à l’errance de l’individu qui se croit séparé du tout. L’amour ne serait alors que la reconnaissance de la communauté d’origine ainsi que le retour à celle-ci, car il s’agit de reconstituer l’unité de la sphère d’origine (Sphaïros). Seul l’amour crée la vie. Il faut donc surtout ne pas tuer, ne pas sacrifier nos semblables dont font partie les animaux, car il existe une « parenté du vivant » comme l’appelle Patrick Llored dans un texte du livre (Bêtes humaines? Pour une révolution végane, Autrement, 2015, p. 158) . Ce n’est donc pas une métempsycose qui justifierait le végétarisme pour Empédocle, mais le simple fait que consommer un animal est comme consommer un parent. Pas de doute: Empédocle ressemble à un vrai précurseur du véganisme.

 

Tout mangeur de viande est donc assimilé à un cannibale et l’enjeu est le suivant: soit nous continuons de manger nos semblables et la haine vaincra, soit nous devenons tous véganes et permettons la victoire de l’amour. Cette éthique peut paraître naïve et simpliste, mais elle me semble remarquable en ce qu’elle ne repose que sur la reconnaissance de l’amour comme force centripète, donc véritablement physique, capable de contrer les forces centrifuges de la haine. Certains voient même dans cette opposition amour/haine le précurseur de l’opposition néguentropie/entropie. Sans aller jusque-là il reste cependant qu’Empédocle m’a fait prendre conscience que la violence à l’égard des animaux est assimilable à la violence envers les êtres humains, qu’en matière d’éthique, la ligne de partage entre animaux et hommes n’est qu’artificielle, arbitraire et dénuée de fondement.

Il est également affligeant de constater que les philosophes prennent pour argent comptant que la cruauté serait nécessaire, qu’elle serait le point de départ de toute civilisation. Je songe au premier meurtre de la bible, au parricide du Totem et Tabou de Freud ou encore au bouc émissaire de René Girard censé conjurer un plus grand mal dû à la convoitise pour la rareté par un moindre mal consistant en sacrifice d’un bouc émissaire. Certains parlent de nécessité de rester dans la chaîne de cruauté naturelle et d’autres vont même jusqu’a prédire la fin de toute civilisation si nous nous mettons tous à devenir véganes. Toutes ces thèses consistent à vouloir éloigner le crime par le crime, à repousser l’animalité cruelle en nous par la cruauté envers les animaux. Chercher l’erreur…

Les choses sont pourtant beaucoup plus simples: tant que nous continuons à traiter les animaux de la manière dont nous les traitons, c’est-à-dire que tant que nous continuons à maltraiter les plus faibles, ceux qui ne savent pas se défendre, il sera impossible à l’humanité de songer comprendre le mal tout court, même celui infligé aux autres êtres humains. La violence envers les animaux n’est que le propédeutique à celle infligée aux êtres humains. Les abattoirs sont les laboratoires des camps nazis comme le démontre le magnifique et terrible Un éternel Treblinka de Charles Patterson. Oui, dès l’origine, l’être humain  fonde la civilisation sur le crime, sur l’élevage, sur la maltraitance des animaux, de la femme, sur le patriarcat, la guerre. Oui, la civilisation actuelle qui perd cette violence perd également toute autojustification, car elle se justifie par un mal qu’elle est censée conjurer. Bref, elle combat le mal par le mal et ne veut saisir l’absurdité de la situation. Oui, cette civilisation est de toute manière condamnée à disparaître, soit par autodestruction soit en étant tout simplement remplacée par une autre civilisation respectueuse du plus faible. Quelle option choisissez-vous?

 

 

Anthropocentrisme et anthropomorphisme

On reproche souvent aux véganes de véhiculer des idées anthropomorphiques. De même les véganes dénoncent l’anthropocentrisme des carnistes. Dans quelle mesure ces concepts s’appliquent-ils au véganisme ou au carnisme?

Définition de l’anthropomorphisme: « Tendance à se représenter toute réalité comme semblable à la réalité humaine« . Comme le végane refuse de consommer des produits d’origine animale parce que tout comme nous, les animaux seraient sentients, ils auraient des sensations et sentiments, et qu’ils aspireraient à vivre si possible sans douleur, etc., on lui reproche d’attribuer des caractéristiques, comportements, intentions et besoins humains aux animaux. En deux mots, le végane donnerait des traits humains aux animaux alors que ceux-ci ne feraient que réagir à des stimuli.

Il est intéressant de constater que la célèbre conception cartésienne de l’animal machine (Descartes, Discours de la méthode), animal qui aurait un semblant d’âme contrairement à l’homme qui, lui, aurait une âme immortelle, imprègne encore aujourd’hui notre perception et compréhension des animaux. On trouve un exemple caricatural chez Alain dans Esquisses de l’homme dans un texte datant déjà puisqu’il est de 1927, mais néanmoins représentatif de la manière dont sont considérés les animaux dans nos sociétés ces 100 dernières années pendant lesquelles le massacre organisé des animaux a été institué: « Il n’y a donc rien à admirer dans l’animal, ni aucune âme à y supposer, ni aucune prédiction à en attendre ; l’animal est une masse matérielle qui roule selon sa forme et selon le plan. »

De ce point de vue, seul l’homme est admirable. Et même si ce point de vue s’est nuancé ces denières années, je ne crois pas me tromper en affirmant que si certains font le reproche d’anthropomorphisme aux véganes, c’est parce qu’ils conçoivent tout à partir de l’homme, plus précisément, parce qu’ils sont anthropocentristes. Quelle est la définition de l’anthropocentrisme? « Doctrine ou attitude philosophique qui considère l’homme comme le centre de référence de l’univers« .

Ce que fait le végane, ce n’est pas attribuer des caractéristiques humaines aux animaux, mais tout le contraire: il ne fait rien d’autre que de constater que les hommes ne sont que le fruit d’un processus nommé évolution et qu’ils héritent de caractéristiques semblables à ceux des animaux. Contrairement au carniste qui pense apparemment encore que l’homme est la mesure de toute chose (Platon, Protagoras), donc la mesure à laquelle les autres êtres doivent être comparés, le végane sait que l’être humain est une maille dans le filet phylogénétique et qu’il ne peut, malgré tous ses efforts anthropocentristes, prétendre le contraire en comparant et mesurant l’intelligence des animaux à celle des hommes.

Le végane sait que l’anthropocentriste choisit l’intelligence et le langage comme critère de comparaison parce qu’il croit en être le mieux doté. L’anthropocentriste ne prendra certainement pas en compte la capacité de voler ou de respirer sous l’eau pour déclarer sa supériorité et son droit de vie ou de mort, c’est-à-dire sa souveraineté sur les autres animaux. En ce sens l’anthropocentrisme est aussi anthropomorphisme parce qu’il projette des critères d’intelligence et de langage humains sur les animaux.

Le végane sait que l’intelligence humaine n’est que la continuation de l’intelligence animale dans une certaine direction, que le langage animal est bien plus complexe que tout ce qui a été supposé jusqu’ici. Il ne lui vient pas à l’esprit de chercher de l’intelligence humaine chez l’animal, mais il constate plutôt de l’intelligence animale chez l’homme. Et comme l’anthropomorphisme va toujours de l’homme à l’animal ou à la nature, mais pas de la nature ou de l’animal à l’homme, ce que j’appelle le sens unique de l’anthropomorphisme, il est donc plutôt l’erreur de l’anthropocentriste. Et s’il faut qualifier la perspective végane, je l’appellerai tout au plus biomorphisme et biocentrisme, car il ne tente pas de comparer l’animal et l’homme, mais il retrace plutôt les liens phylogénétiques de l’homme dans le vivant. Il s’agit non pas d’une compréhension pyramidale avec en haut, l’homme, et en bas, les animaux, mais une compréhension à partir du développement de la vie à travers toutes ses branches de l’évolution: biocentrisme. Faut-il démontrer ici que bien des traits dits humains se retrouvent déjà chez des êtres soi-disant primitifs? Un exemple parlant serait le cerveau reptilien de l’homme et les comportements qui y sont dus.

Ainsi, le végane constate que certaines caractéristiques telles que la sentience existent dans le règne animal, même parmi les invertébrés, et qu’elle n’est pas une exclusivité humaine.

D’où la mésinterprétation habituelle du discours du végane par le carniste qui le comprend à travers le prisme de son anthropocentrisme et de son anthropomorphisme, voire même par ce que Derrida appelle son « carnophallogocentrisme » (j’y reviendrai dans un article ultérieur). L’anthropomorphisme donne à l’homme un moyen d’élire et d’aimer certains animaux au même titre que les hommes. Il est ce que j’appellerai un choix d’élection humaine, trop humaine, un choix à sens unique. Il lui permet en fait de camoufler son anthropocentrisme, de se donner une bonne conscience en aimant certains animaux et en massacrant d’autres: dissonance cognitive.

Oui, c’est vrai, je caricature le végane tout comme je caricature le carniste. En fait, mon végane est un végane idéal et mon carniste un carniste archétypique. En vérité, le végane que je suis aime parler aux animaux et croit comprendre ce qu’il imagine qu’ils veulent lui dire. Et le carniste moyen aime tout autant parler à son chien ou son chat préféré, parce qu’il ne faut pas oublier: le carniste est un végane qui s’ignore, mais malheureusement, sa posture de rejet du véganisme cause la souffrance et coûte la vie de plus de mille milliards d’animaux par année.

Et puis, vous allez peut-être me dire que les êtres humains ont aussi des caractéristiques de légumes, comme l’homme à la tête de chou par exemple, et je vous donne entièrement raison. Mais je vous vois venir et je vous conseille de lire directement mon article sur le cri de la carotte.

Onfray et le cri de la carotte

Philo-végane aime non seulement le véganisme, mais également la philosophie quand celle-ci essaye de vraiment comprendre. En ce sens il est intéressant de constater combien peu de philosophes comprennent vraiment les arguments et les enjeux de la philosophie végane. Tout porte à croire que les philosophes s’efforcent à justifier le fait qu’ils aiment la viande plutôt que de voir clairement qu’aimer la viande ne pèse rien face au désarroi des animaux que l’on tue pour l’amour de la viande. Ainsi, tous les arguments, y compris les plus abracadabrants, permettent aux carnistes de persévérer dans l’erreur et l’horreur.

Un des cas les plus éloquents sur l’attitude de certains philosophes par rapport au véganisme est sans doute celui de Michel Onfray qui ne se contente pas de se soucier du ventre des philosophes, mais, en bon hédoniste, se préoccupe du plaisir de nos chères papilles gustatives et ne peut pas ou ne veut pas tirer les conséquences des arguments de la philosophie végane. Et pourtant, dans son texte publié dans l’Anthologie d’éthique animale de Jean Baptiste Jeangène Vilmer, il décrit bien la position de la philosophie dominante face à l’animal qui n’est considéré que comme être de nature inférieure. Contre cette philosophie dominante et son échelle de valeurs dualistes, Michel Onfray se place sur le terrain de la philosophie « oubliée, négligée, méprisée, persécutée » par cette idéologie dominante pour montrer qu’il n’y a pas de différence de nature entre êtres vivants, mais différence de degrés.

Jusque-là, tout va bien mais, malheureusement, Michel Onfray semble parfois écrire plus vite qu’il ne pense et il tombe dans le panneau de l’argument dit du « cri de la carotte ». En effet, dans d’autres textes, il revient sur cette constatation de différence de degré versus différence de nature pour, eurêka, y inclure même les plantes et avancer que « les plantes vivent, souffrent, elles réagissent aux stimuli. Seul l’anthropomorphisme empêche cette conclusion – ce qui met à mal l’argument des végétariens qui accordent un statut ontologique refusé aux végétaux eux aussi capables de souffrir » (Cosmos, J’ai lu,2015, p.187). Laissons pour l’instant cette interprétation à sens unique de l’anthropomorphisme sur laquelle je reviendrai dans un article ultérieur. Ce qui m’intéresse ici est que Michel Onfray croit avoir trouvé la talon d’Achille du véganisme. Idem dans sa préface aux magnifiques textes de Méryl Pinque et autres véganes abolitionnistes (Bêtes humaines? Pour une révolution végane, Autrement, 2015, pp. 12 -13) où il développe en décrivant « l’authentique intelligence sociale » de certaines plantes qui démontre selon lui une sentience chez les plantes, ce qui obligerait, si on suit la logique de Gary Francione, d’inclure les plantes au sein de la communauté morale. D’où sa question: « Faudrait-il alors s’interdire de consommer aussi les végétaux? »

Ouf, Michel Onfray croit avoir trouvé l’argument qui lui permet de continuer de consommer des produits animaux avec bonne conscience. Bizarrement, cette trouvaille l’empêche de faire une petite recherche qui lui permettrait de se rendre compte que cet argument ne tient pas la route et qu’il existe de nombreuses réfutations.

Premièrement, la réfutation biologique: les végétaux n’ont pas de système nerveux et si certains communiquent entre eux pour signaler un danger, cela n’implique pas une sentience au même titre que celle des animaux et êtres humains qui, eux, possèdent un système nerveux central. (Lire à ce sujet le superbe livre de Thomas Lepeltier, L’imposture intellectuelle des carnivores, dans lequel sont mis à mal les arguments fumeux des intellectuels français considérés comme références dans le domaine du droit des animaux).

Deuxièmement, l’argument quantitatif: quand bien même on reconnaîtrait une sentience des végétaux similaire à celle des animaux, il suffit de savoir que les animaux ont besoin de bien plus de végétaux pour se nourrir que si nous les consommions directement. Pour mémoire: il faut entre 3 et 11 calories végétales pour produire 1 calorie de viande (lu dans No steak de Aymeric Caron). Les véganes se soucient donc certainement plus du sort des végétaux que les carnistes. Et faut-il rappeler que ce rendement minable de la production de viande a des conséquences catastrophiques sur l’environnement et la faim dans le monde?

Bref, inutile de m’attarder sur les autres arguments de Michel Onfray. Thomas Lepeltier les démantèle facilement. Je me demande juste si Michel Onfray prend en compte les réponses à ses arguments ou si lui aussi fuit le véritable débat. Que devra-t-il inventer pour continuer à manger de la viande avec bonne conscience? Il faut lui reconnaître le mérite d’avoir plus réfléchi le sujet que nombre de philosophes soi-disant spécialistes de la cause animale. Je n’hésite donc pas à dire que oui, il est déjà végane, mais il ne le sait pas encore. Mais peut être l’écriture de ses innombrables livres lui laisseront le temps d’un éclair de lucidité, d’une fulgurance dans ce domaine.

Pourquoi nous sommes tous véganes?

Pourquoi nous sommes tous véganes?

Ou presque tous, devrais-je préciser, pour ne pas froisser les âmes sensibles de certains carnistes convaincus, ceux qui ignorent ou ne veulent pas savoir qu’ils le sont aussi.

Telle est en tout cas mon hypothèse inspirée du livre de Melanie Joy dans Introduction au carnisme, Pourquoi aimer les chiens, manger les cochons et se vêtir de vache. Et cette hypothèse est loin d’être farfelue, compte tenu des arguments pour le moins douteux portés par l’idéologie carniste afin de justifier le massacre annuel de milliards d’êtres sensibles et intelligents pour notre petit plaisir gustatif ou pour être chic…

Je vais donc essayer dans ce blog de faire le tour des arguments des carnistes afin de montrer, peut-être, que les carnistes sont des véganes qui s’ignorent, ou même parfois des véganes refoulés, ce qui est certainement plus compliqué à démêler. Je pars du principe que dire de quelqu’un qu’il est végane n’est pas une injure, qu’il s’agit en fait de le ramener à ce qu’il est au plus profond de lui-même, du moins dans le contexte qui nous intéresse, à savoir notre relation avec les êtres sentients dont font partie les êtres humains.

Il est bien sûr facile de proposer l’hypothèse contraire, à savoir que nous sommes tous des carnistes et parfois des carnistes refoulés en ce qui concerne les véganes. Cette hypothèse n’est d’ailleurs pas vraiment une hypothèse de la part des carnistes parce qu’il s’agit bel et bien de la doxa dans laquelle nous baignons, pour ne pas dire de l’idéologie par laquelle nous sommes formatés depuis notre enfance. Je tenterai de montrer que cette idéologie est bâtie sur des arguments fallacieux qui ont pourtant le vent en poupe, c’est le moins qu’on puisse dire. En ce sens, il sera intéressant de tenter de démonter point par point les sophismes perpétrés par les carnistes, qu’ils soient philosophes reconnus ou journalistes de la presse mainstream.

Pourquoi, nous sommes tous véganes? Parce que toute personne saine d’esprit, honnête avec elle-même, qui s’informe un minimum et qui met ses préjugés entre parenthèses, ne peut pas ne pas vouloir être végane, au minimum.